Réaliser un compte rendu après plus de 60 années d'observations d'oiseaux, dont un quart de siècle consacré au Balbuzard pêcheur en France continentale

 

 

1939

Début de la seconde guerre mondiale, je vois le jour à Stockholm

                    1917-2002

                        1915-2004

En l'honneur de mes parents

 

1947-1955

 

Fin de la seconde guerre mondiale, je suis en CM2 .

 Mon intérêt pour les oiseaux débute avec le cadeau, pour mon anniversaire, d' un poster représentant les 80 espèces les plus communes de Suède.

Trés rapidement j'apprends la biologie et l'écologie décrites sur 4 lignes placées sous chacune des images.

Quelques années aprés, on m'a offert mon premier guide de détermination, le "Sigfrid Durango" édité à la fin des années 40. Ce livre m'a accompagné sur le terrain comme  premier outil, dans mon initiation à l'ornithologie et à la découverte des chants des oiseaux.

J'ai du attendre encore quelques années avant de pouvoir faire mes premières observations à l'aide d'une paire de jumelles que l'on m'a gentiment prêtée, chose exceptionnelle à  cette époque.  

 

 

 

 

1951

 

 

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Tardivement, j’entre au Lycée. Mon père est tellement heureux qu’il me fait cadeau d’un canoë d’occasion, en aluminium. Je le peins et le rénove. Mon frère Jack, 10 ans, bon dessinateur, dessine une tête de « Balbu » mon oiseau fétiche et on baptise le canoë « Gjusen ».

 

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A l’âge de 12 ans, je faisais la différence entre les « bons et des mauvais rapaces » , les bons étant ceux qui ne mangeaient pas d’autres oiseaux; les pires étaient, bien entendu, l’Autour des palombes et l’Épervier, car je les jugeais d’après  la nourriture  décrite sur mon poster. J’étais aussi, à cet âge,  influencé par les dires des agriculteurs et des chasseurs. La Buse qui mangeait d’avantage de campagnols et de serpents était, à mes yeux,  plus acceptable. Le Balbuzard ne mangeait que des poissons ce qui, pour nous, était considéré « comme honorable ou tout à fait acceptable ». Très fréquemment quand nous allions nous baigner dans le lac en juillet, un Balbuzard venait pêcher dans une crique, à une cinquantaine de mètres de nous. Cela nous impressionnait tellement qu’il devint notre oiseau préféré par excellence. Mon canoë réside encore chez mon cousin John, là où j’avais fait mes premières rencontres avec « Gjusen ».

 

1972

 

Installation  en France avec mon épouse et nos deux filles

 

Mon épouse, d'origine française, a souhaité, après neuf ans en Suède, retourner vivre en France. Nous nous sommes organisés pour nous installer dans sa ville de naissance et y trouver du travail. La vie en France était très différente par rapport à la vie dans mon pays natal, 2000 Km plus au nord.

Les photos illustrent l'ambiance agréable que j'ai rencontrée : les cafés sur les trottoirs, les promenades en famille le dimanche... le climat plus agréable, plus de soleil, des gens plus heureux... plus « dynamiques », avec beaucoup d’humour et de fréquents jeux de mots.

  

 

Il fallait apprendre à faire le marché, « à marchander un peu occasionnellement ».

 

Ma fille Adeline apprend ce qu' est la frayère des Carpes koï. Il n’y avait ni Hérons, ni Cormorans et encore moins de Balbuzards pour s’en nourrir ici à cette époque.

 

1973

Vacances ornithologiques en Suède

 

  Mon mentor, qui m’a initié à l’ornithologie dans ma jeunesse en Suède, était Gunnar Lind, (en maillot jaune). Il était agriculteur et forestier ; il était aussi le premier protecteur de la nature que j’ai rencontré. Il m’a appris qu’il n’y a ni « bons » ni   « mauvais » oiseaux, mais juste des « oiseaux ». Il est toujours la célébrité ornithologique de sa commune, bagueur de rapaces diurnes et nocturnes depuis soixante ans.

Pendant mes vacances scolaires je lui cherchais des nids de Bondrées, d’Autours, de Buses, de Faucons hobereaux,  de Chouettes de l’Oural, de Tengmalm ou de chevêchettes, pour qu’il vienne baguer les poussins.

Il m’apprenait à construire des plate- formes à l’endroit où des nids de Bondrées ou d' Autours étaient tombés et cela réussissait toujours. Ceci pour pouvoir baguer des nichées sans être obligé de rechercher leurs nouveaux nids.

Après mon installation en France, je retournais pendant mes vacances en Suède avec ma famille et je ne manquais jamais de revoir Gunnar pour parler des oiseaux ou bien l’accompagner pour baguer des rapaces.

 

 

Ce nichoir, qui a perdu son toit, était initialement destiné aux Garrots à œil d’or; une Chouette de l’Oural s’y est installée en utilisant cette « cheminée » pour entrer.

 

 

Ci contre un nid de Bondrée avec deux poussins. Celui-ci était situé en forêt à proximité de la maison de mes parents. Gunnar est venu baguer les deux poussins.

Début octobre 1974, l’un d’eux fut récupéré en France (en Dordogne) par la SEPANSO, blessé par plombs.

Le nid étant tombé durant l’hiver, j'ai construit, l’été suivant, un nid artificiel sur le même enplacement; un couple d’Autours y a niché au cours des années suivantes.

 

 

 

Photos : A. Perthuis.

 

 Vers 1980, j’avais fait la connaissance des rapaçologues français comme Jean Marc Thiollay, Jean- François et Michel Terrasse ainsi qu' Alain Perthuis.  Ce dernier est venu en Suède en vacances et nous avons accompagné Gunnar Lind pour baguer une nichée de Balbuzards. Le couple avait construit un nid sur une petite île dans un lac où les Pins atteignaient à peine cinq mètres de hauteur. Ceci est assez courant là bas et les personnes qui habitent sur les rivages autour des îles les surveillent et savent les respecter, au moins localement.

 

1978 à 1980

Baguage de passereaux en France

 

Juillet 1978. Stage de baguage au Teich (33): capture de Fauvettes aquatiques. Le CRBPO avait designé Pierre Nicolau- Guillaumet et Guy Jarry comme nos  maîtres de stage.

Ma fille Adeline apprend à reconnaître un mâle adulte de

Roselin cramoisi, Carpodacus erythrinus

Verdier d'Europe, Carduelis chloris

 

Inventaire de l'avifaune à l'étang de Galetas, (89-77-45) en 1978

Gobemouche gris

Muscicapa striata

Grimpereau des jardins

 Certhia brachydactyla

Coucou gris

Cuculus canorus

Grive musicienne

Turdus philomelos

 

Activités ornithologiques au sein du Groupe Ornithologique Parisien sous la présidence de Gérard Grolleau et également du Groupe Ornithologique Normand présidé à l’époque par Bernard Braillon. La période de 1977 à 1983 fut difficile professionnellement. Des « petits boulots » de recensement de la faune en vue de la création des réserves naturelles ou de construction d’embranchement d’une autoroute me fûrent confiés par G. Grolleau.

 

1980 à 1983

Baguage de rapaces en France

 

Baguage en forêt de Rambouillet (78)

d'une nichée d'Epervier d'Europe,

Accipiter nisus

 

 

 

 

Baguage en forêt de Rambouillet (78)

d'une nichée de Buse variable

Buteo buteo

 

 

 

 

 

1993 à 1994

Observation de rapaces en forêt d'Orléans  (Loiret)

Les Balbuzards pêcheurs et la Forêt d’Orléans.

La Forêt d’Orléans abrite des richesses naturelles exceptionnelles et détentrice d’une histoire passionnante. L’une des richesses, presque unique pour la France : il s’agit de l’Aigle pêcheur ou Aigle de la Loire, dont le nom Balbuzard pêcheur fut donné par Buffon et est encore le plus utilisé pour ce rapace. Comme son nom l’indique, il se nourrit exclusivement de poissons vivants. Il nous fait le plaisir de venir se reproduire pendant quelques mois, dès le printemps, avant de retourner vers des pays plus chauds pour passer l’hiver.

Un peu d’historique

Au début des années 1980, j’habitais et tenais un petit commerce à Paris. Comme j’ai toujours été fasciné par les rapaces je passais mes week- end à visiter les forêts de la région parisienne comme celles de Rambouillet ou de Fontainebleau afin d’observer ces oiseaux. La diversité d’espèces était assez restreinte et pour élargir mon domaine observation je demandai conseil à l’un des précurseurs et spécialistes de ces oiseaux, Jean- François Terrasse. Il me conseilla, généreusement, de me rendre en forêt d’Orléans qu’il avait bien connu dans les années 1960, afin de pouvoir observer des espèces nouvelles pour moi comme le Circaète Jean- le- Blanc ou l’Aigle botté. Il me donna même un lieu précis pour observer à distance ces oiseaux, chose exceptionnelle car il avait, avec son frère Michel,  au milieu des années 1960 photographié un nid d’Aigle botté depuis un affût. Il me disait « tu vas à Lorris ensuite tu te rends au Carrefour de la Résistance, tu prends le chemin forestier qui monte sur une colline. En haut de la colline tu verras un massif de gros Pins sylvestres. A 50 m du chemin, au milieu du massif, il y a un nid d’Aigle botté et un nid d’Autour des palombes. Je ne sais pas s’ils sont encore là, maintenant après presque  vingt ans. »

Des restes des nids étaient encore visibles mais les oiseaux avaient déménagé ailleurs.

Je continuai à rendre visite durant les w.e. de la belle saison à la forêt d’Orléans que je trouvais si riche en biodiversité, si peu fréquentée par rapport aux forêts parisiennes.

La découverte du Balbuzard pêcheur.

Le 9 juillet 1984, je me trouvais à l’étang de Ravoir dès le matin. L’étang qui apparemment était relativement peu fréquenté à l’époque, au moins par des ornithologues, avait quelque chose de similaire à ce qui existe dans mon pays d’origine, avec des arbres morts qui émergeaient comme dans un paysage imaginaire.

Alors que je me promenais sur les rives de cet étang, j’entends subitement quelques cris qui m’étaient familiers depuis mon enfance dans mon pays natal, la Suède : « tiup, tiup » résonna du ciel. Deux balbuzards me survolaient à basse altitude dont l’un transportait une branche dans les serres. Le couple m’avait repéré et, je le crois, cherché à attirer mon attention pour que je ne découvre pas qu’il était en train de construire un nid. Je me suis éloigné pour ne pas perturber les oiseaux, sans vraiment chercher le lieu du nid. De retour à Paris, j’ai aussitôt informé J-F Terrasse, ainsi qu’Alain Perthuis, ONF, à l’époque à Blois.

Le lendemain matin, A. Perthuis, accompagné par Laurent Charbonnier, naturaliste et cinéaste animalier, se rendaient sur place. Depuis la rive, où se trouve actuellement l’Observatoire public, ils n’ont mis que quelques minutes pour repérer un beau nid au sommet d’un haut Pin sylvestre,  sur la rive opposée. Des mesures de protection et de conservation du site furent aussitôt engagées. L’O.N.F, le gestionnaire, était particulièrement accueillant et suspendait le bail de la chasse au gibier d’eau sur l’étang de Ravoir. L’Association des Naturalistes Orléanais mettait en route une surveillance dissuasive et faisait installer un grillage autour de la zone où se trouvait le nid.

Il faut dire que cette installation d’un premier couple de Balbuzard en France continentale depuis la seconde guerre mondiale était un scoop dans le milieu ornithologique.

En Avril 1992, j’ai vendu mon commerce et déménagé en forêt d’Orléans pour vivre et suivre l’évolution des Balbuzards. Ainsi cette saison, 2009, la population de la forêt d’Orléans remonte à 15 couples connus, 24 ans après que le premier ait choisi cette forêt pour s’y reproduire.

 

Ce mâle de Balbuzard a 11 ans. Le code 4S sur sa bague orange veut dire qu’il a été bagué comme poussin en 1998 en forêt d’Orléans. Nous savons également qu’il s’est reproduit tous les ans à partir de 2001.

 

Ici un autre mâle avec un petit poisson. Il porte une bague verte avec le code RO. Ce Balbuzard a été bagué à l’âge adulte et son âge n’est pas connu mais il est revenu chaque année se reproduire sur le même nid depuis 2004. 

 

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