Saison 2012

 

Transmettre le code lu sur une bague colorée portée par un Balbuzard pêcheur.

 

   Ce chapitre est destiné à apporter quelques informations aux éventuels observateurs ayant pu identifier le code de la bague colorée portée par une bonne proportion de balbuzards pêcheurs nés ou nichant en France continentale depuis 1995.

Je me suis inspiré pour le rédiger d’un article traitant du même sujet sur le site web de Roy Dennis, qui œuvre depuis plus de 50 ans pour la restauration de l’espèce en Ecosse. Il m’a généreusement donné son accord et je l’en remercie.

J’ajouterai, pour l’anecdote, que Roy a été la première personne à me conseiller dès 1994, aussi bien pour effectuer le baguage de cette espèce en particulier que pour la technique de fabrication des bagues codées en PVC.

 Guy Jarry, appartenant au C.R.B.P.O à l’époque, m’avait également conseillé, notamment sur la fabrication des bagues de couleur et sur les différents codages possibles.

Les adresses des organismes mentionnés dans le texte se trouvent en cliquant sur leurs icônes respectifs sur la page d’accueil.

 

  Depuis 1995, je bague exclusivement des Balbuzards pêcheurs en Région Centre de France continentale dans le cadre d’un programme personnel de recherches agréé par le C.R.B.P.O (Centre de Recherches par Baguage des Populations d’Oiseaux). Ce programme est intitulé « Etudes de la biologie et de l’écologie du Balbuzard, avec une accentuation sur la dynamique de la population ». En 1995, je n’avais connaissance que de cinq couples reproducteurs dont j’ai pu baguer la totalité de la progéniture, soit 8 jeunes oiseaux.

La population a eu depuis 1995 une croissance très lente. J’estime qu’en 2010, elle était constituée de 30 à 40 couples dans le centre de la France, et d’une  cinquantaine d’oiseaux non appariés. J’évalue à environ 85% la proportion de ces oiseaux portant les bagues que je leur ai posées.

Les Balbuzards sont équipés sur une patte d’une bague métallique portant une référence et un numéro gravés. Ces bagues métalliques sont fournies par le C.R.B.P.O. Ainsi, chaque oiseau bagué est individualisé et répertorié dans une banque de données. Cette banque de données est transmise au C.R.B.P.O qui en assure la gestion et la confidentialité.

La référence sur la bague est abrégée « Ois. Muséum Paris » pour que la personne qui trouve un oiseau, le plus souvent blessé ou mort, puisse en informer le C.R.B.P.O, service du Muséum National d’Histoire  Naturelle  à Paris spécialisé dans les études scientifiques sur les oiseaux.

Comme il n’est guère possible de lire une bague métallique sur un balbuzard sauvage en bonne santé et afin de permettre des études spécifiques, l’oiseau est équipé sur l’autre patte d’une deuxième bague colorée gravée d’un code alphanumérique à grands caractères. Cette bague pourra permettre d’identifier un oiseau vivant à une distance qui peut atteindre environ 270 mètres, selon le matériel utilisé (longue-vue avec zoom) et les conditions d’observation.

La lecture de ces bagues colorées à grande distance est destinée à connaître la longévité des individus, leur fidélité aux sites et aux partenaires de reproduction, éventuellement certains de leurs sites de halte migratoire ou de villégiature en période hivernale, ainsi que d’autres informations concernant la biologie et l’écologie de l’espèce, comme par exemple les zones d’activités en période de reproduction, les dates d’arrivée et de départ en migration, etc.

Ces bagues colorées (de couleur orange ou parfois verte pour les oiseaux bagués en France continentale), constituent donc un outil indispensable pour une meilleure connaissance des Balbuzards pêcheurs évoluant ou se reproduisant dans notre pays.

Afin de pouvoir rédiger des articles à caractère scientifique, ce qui m’est demandé en priorité par le CRBPO dans le cadre de mon programme personnel, et des articles de vulgarisation pour le grand public, je suis bien entendu très demandeur de toute information concernant l’observation de Balbuzard (s) portant une bague  colorée. Cet intérêt est encore accru si le code de la bague a pu être lu ou si une photo de l’oiseau en vol ou posé permet de la voir ou de la discerner. En effet, l’agrandissement ou le traitement de ce genre de photo sur un ordinateur permet parfois de lire le code gravé sur une bague.

 

Je remercie donc à l’avance tout observateur ayant pu lire ou photographier la bague colorée portée par un Balbuzard pêcheur de m’en informer en priorité à l’adresse mail suivante : rowahl@wanadoo.fr

 

 Cette communication n’est pas à limiter aux balbuzards seulement porteurs d’une bague colorée de couleur orange ou verte, car mes homologues bagueurs à l’étranger, avec qui je suis en relation permanente, sont aussi très intéressés par le retour d’informations  concernant les oiseaux qu’ils ont eux-mêmes bagués.

Il va de soi que chaque observateur ayant pu permettre l’identification d’un Balbuzard par lecture de sa bague recevra de ma part, après validation et pour les oiseaux bagués en France, des renseignements relatifs à l’âge de l’oiseau, la commune ou la région de sa naissance, son sexe probable, ses reproductions éventuellement déjà effectuées, etc. Après les avoir demandées à mes homologues étrangers, je transmettrai autant que possible les mêmes informations pour un Balbuzard bagué hors de France, mais sous un délai qui peut être plus important.     

Pour permettre une reconnaissance irréfutable de l’oiseau observé, les éléments indispensables à retenir et à transmettre sont :

La couleur de la bague et la couleur de l’inscription.

Sur quelle patte, du point de vue de l’oiseau, la bague de couleur est posée ?

Les lieu, date et heure de l’observation sont également très importants pour commencer à élaborer ou compléter le cursus de l’oiseau observé.

 D’autres éléments seront les bienvenus pour accréditer l’information en l’absence de photo, ou pour la compléter (distance et conditions d’observation, matériel utilisé, oiseau observé ponctuellement ou à plusieurs reprises, caractéristiques de l’endroit, proximité de zones halieutiques, etc.).

Les noms et coordonnées (adresse mail, tél…) du ou des observateur(s), sont également demandées, et permettront de plus le retour d’informations sur l’oiseau observé.

 

Quelques éléments complémentaires sur les bagues de couleur posées sur les balbuzards en France continentale :

 Les bagues de couleur posées sur les balbuzards en France continentale portent  une inscription constituée soit d’un chiffre suivi d’une lettre, soit d’une lettre suivie d’un chiffre, soit de deux chiffres ou de deux lettres différents (es).

Ces combinaisons « alphanumériques » sont « couchées à droite », c.à.d. qu’elles se lisent du haut vers le bas (voir images en fin de chapitre).

D’autres caractères ou signes ont parfois été utilisés (par ex +, -, etc.). On peut ainsi trouver des bagues portant les inscriptions suivantes : 7+, 7-, 7:, 6£, 8$...  toujours ‘’couchées à droite’’, lues du haut vers le bas.

Tous les codes sont répétés trois fois autour de la bague pour rendre la lecture possible sous tous les angles.

Je change tous les deux ans de patte pour poser la bague colorée, ce qui permet d’utiliser une même combinaison deux fois de suite, avec un intervalle de temps conséquent pour limiter les possibilités de confusion entre deux individus. Il est pour cette raison très important de noter avec certitude si la bague colorée portant le code lu était sur la patte gauche ou sur la patte droite de l’oiseau. Deux balbuzards ont par exemple été équipés chacun d’une bague de couleur orange portant le code 1B, mais en 1995 sur la patte gauche pour l’un, et en 2005 sur la patte droite pour l’autre.

Le baguage coloré sur des Balbuzards se fait en Europe sans coordination et plusieurs pays utilisent des couleurs de bagues différentes changées souvent annuellement. Pour cette raison et dès 1995, le C.R.B.P.O m’avait recommandé de toujours n’utiliser qu’une couleur pour baguer les balbuzards en France continentale. Comme elle était moins utilisée en Europe, j’ai donc adopté et continue à utiliser la couleur orange pour baguer les balbuzards juvéniles en France continentale. Cette couleur a été aussi utilisée en Grande-Bretagne et en Norvège, mais les codes sont disposés différemment par rapport à ceux gravés sur mes bagues.

Ainsi, plusieurs centaines de bagues de couleur Orange ont été posées de 1995 à 2010 sur l’une ou l’autre des pattes de jeunes Balbuzards, avec un code gravé en noir et spécifique pour chacun d’eux.

Environ 15 Balbuzards adultes reproducteurs ont été capturés et bagués afin de suivre leur cursus ultérieur de vie et de reproduction. La plupart de ces oiseaux ont été équipés sur une patte d’une bague métallique fournie par le Muséum de Paris, et sur l’autre patte d’une bague de couleur Verte gravée en blanc de deux lettres à lire du haut vers le bas.

Des exemples de bagues avec codes sont illustrés ci-après par quelques images.

Pour plus d’informations concernant les bagues colorées équipant des Balbuzards ou d’autres oiseaux, je recommande la visite du web-site de Dirk Raes :  www.cr-birding.be/ 

 

Très important !

 Si vous connaissez des sites de nidification de balbuzards, n’approchez  jamais le nid en période de reproduction dans l’espoir d’obtenir par photos des gros plans des oiseaux ! Dotés d’une vue exceptionnelle et très farouches vis à vis de l’homme, il est assuré que les adultes vont vous repérer et s’éloigner du nid pour attendre votre départ du site. Les œufs ou les poussins seront alors laissés  exposés aux éléments climatiques défavorables (chaleur, froid, pluie…), ce qui entraînera rapidement l’échec de la reproduction en cours. Une fois l’échec acquis par les oiseaux, leur comportement change et il semble que leur seule préoccupation consiste à surveiller et défendre leur nid vis-à-vis d’autres Balbuzards, laissant alors les prédateurs (corneilles en particulier) venir chercher les œufs ou poussins perdus pour la reproduction.

En général, les balbuzards quittent leur nid dès qu’un observateur s’en approche à une distance qui peut varier entre 100 et 300 mètres selon les couples… tout observateur responsable et respectueux des oiseaux fera donc l’effort d’essayer d’identifier les balbuzards par la lecture de leur bague colorée sans les déranger. Qu’il en soit à l’avance remercié !

 

Photo: Gilles Perrodin

  Voici un Balbuzard juvénile, pas encore volant, photographié juste après son baguage. Notez sur la patte droite de l’oiseau la bague métallique dite « à verrou », c.à.d. avec une fermeture pliée. Elle porte la référence « Ois. Muséum Paris » suivi d’un numéro d’immatriculation différent pour chaque oiseau. Ici BA 11091. Il est très important de noter cette référence ainsi que le numéro de la bague métallique si vous avez en mains l’oiseau blessé (il faut alors le transmettre à un Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage), ou s’il est trouvé mort. Dans ce cas, il doit être pris en charge par l’O.N.C.F.S de la région concernée qui transmettra au CRBPO. Il convient également d’en informer rowahl@wanadoo.fr

Comme expliqué en début de chapitre, cette bague métallique est très difficile à lire sur un Balbuzard sauvage en bonne santé. Pour effectuer des études spécifiques approfondies sur l’espèce, il est donc nécessaire d’équiper la deuxième patte des oiseaux d’une autre bague (ou parfois plusieurs) de couleur vive et comportant un code de un, deux ou trois caractères très grands permettant de pouvoir le lire à grande distance sans capturer l’oiseau.

 A l’aide de longues-vues et appareils photographiques, de nombreux Balbuzards sont identifiés chaque année, ce qui permet de collecter un très grand nombre d’informations capitales pour élaborer les actions de préservation et de conservation de l’espèce.

Le Balbuzard illustré ci-dessus a été muni d’une bague Orange gravée du code en noir 2U. Ce code est répété trois fois autour de la bague pour permettre de le lire sous plusieurs angles. A noter surtout que les codes sur des Balbuzards bagués en région Centre se lisent du haut vers le bas, contrairement par exemple aux bagues oranges anglaises ou norvégiennes, qui se lisent du bas  vers le haut, ou horizontalement. Il en est de même pour les quelques bagues vertes posées sur des Balbuzards adultes en France en région Centre.

A noter aussi que cette bague orange est presque deux fois plus large que la bague métallique, détail qui peut être important à noter et à transmettre pour retrouver l’origine d’un Balbuzard portant une bague de couleur vive et comportant un code de un, deux ou trois caractères très grands permettant de pouvoir le lire à grande distance sans capturer l’oiseau.

       

 

Photo: Gilles Perrodin

 Sur cette bague Orange en PVC, le code est 2V en noir. Lorsque vous informez le bagueur, il faut noter le code complet, par exemple pour cet oiseau : « code 2V en noir, lu du haut vers le bas sur bague orange posée sur la patte gauche. Bague métallique sur patte droite, avec ou sans verrou visible ».

Sont à indiquer également la date, l’heure, le département et le lieu de l’observation. En plus du nom et coordonnées de l’observateur et éventuellement de ses accompagnateurs (adresse (s) mail ou postale (s), n° de tél…) et si l’information est complétée par des photos (toujours préférable), le nom du photographe doit être indiqué.

Une fois ces informations reçues, le bagueur vous informera en retour de la région, département, voire parfois commune, dans laquelle a été bagué ce balbuzard, et à quelle date. S’ils sont connus, il vous communiquera tous les éléments concernant son parcours antérieur à cette observation (observations ailleurs validées, reproductions éventuelles, etc.). Le lieu précis de son nid d’origine sous lequel a été effectué son marquage n’est jamais communiqué.

 

 

Photo: Gilles Perrodin

  Ci- dessus un Balbuzard femelle âgé de quatre ans, reproductrice très vraisemblablement pour la première fois. Seule sa bague Orange, patte droite, codée B3, a pu nous révéler qu’elle avait été baguée en 2006 en région Centre, et qu’au moment de ce baguage, elle avait été déterminée « femelle ». B3 a été ici photographiée d’un affût temporaire distant d’une centaine de mètres de son nid, lors du baguage de ses jeunes.

 

Photo:  Gilles Perrodin

  Le mâle de B3 apporte un petit poisson au nid. Le code H8 gravé sur sa bague Orange portée patte droite a été confirmé par cette photo. Il a également été bagué il y a quatre ans en région Centre.  

 

 

Le baguage de Balbuzards adultes

 Quelques balbuzards adultes reproducteurs en région Centre ne portent pas de bague, ou ne portent qu’une bague métallique sur une patte, ce qui laisse supposer qu’ils ont peut-être perdu une autre bague colorée.

Dans le cadre de l’étude menée sur cette espèce, il est donc d’un grand intérêt d’obtenir autant que possible pour ces oiseaux le même type d’informations que celles apportées par le baguage effectué depuis 1995 sur un maximum de juvéniles (origine et âge si l’oiseau porte déjà une autre bague métallique, fidélité future au site et au (x) partenaire (s) de reproduction, zone d’activité pendant cette période de reproduction, jalons des reproduction futures éventuelles et nombre de jeunes élevés, dates d’arrivée et de départ en migration, éventuellement haltes migratoires et zone d’hivernage, etc.).     

Quand ils ne portent pas de bague et comme pour les juvéniles, je leur pose une bague métallique sur une patte. L’autre patte est également équipée d’une bague colorée, mais dans ce cas de couleur verte et elle porte un code de deux lettres gravées en blanc, toujours à lire du haut vers le bas.

Un oiseau ne portant qu’une bague métallique n’est évidemment équipé que d’une seule nouvelle bague verte.

A noter qu’entre 2000 et 2004 deux Balbuzards capturés adultes avaient été équipés de bagues de couleur orange portant le signe ou bien .   

Un seul mâle adulte capturé avait perdu sa bague métallique (cas très rare) mais gardé sa bague de couleur. Celle-ci a été conservée et il a été équipé d’une nouvelle bague métallique.

Certains Balbuzards d’origine étrangère (Allemagne notamment) peuvent porter des bagues anciennes qui ont perdu leur couleur d’origine et dont la gravure est devenue illisible. Afin d’éviter des confusions (assimilation à un port de deux bagues métalliques par ex) ou des erreurs d’identification, il est intéressant d’essayer de remplacer l’ancienne bague ‘’colorée’’ par une neuve.  

Les techniques de capture ne sont pas exposées. Elles ne concernent que le bagueur et le C.R.B.P.O.

 

 Ce balbuzard mâle reproducteur a été capturé et bagué en 2004. Certaines caractéristiques de son plumage (pattern sous-alaire, pattern des flancs) et le dessin du dessus de sa tête, identiques chaque année, me permettaient de penser que c’était le même mâle qui nichait sur le même nid depuis 2002.

Photo:  Jean Pierre Thauvin

  Après son baguage, ce mâle est revenu se reproduire chaque année en partenariat avec la même femelle portant une bague orange gravée 5A. Elle avait été elle-même baguée juvénile en 1999. Le couple et 5A a élevé plusieurs jeunes qui ont tous été bagués, dont trois en 2010.

 

Photo: Gilles rodin

  Femelle « 5A bague orange patte droite » ici photographiée lors du baguage de ses jeunes en 2009.    

 

 

Photo: François Le Gall

  Changement d’une bague devenue illisible car ayant perdu sa couleur d’origine « vert d’herbe ».  Ce mâle de dix-neuf ans avait été bagué juvénile en 1988 par Dieter Röpke,  dans le Mecklembourg, NE de l’Allemagne. « GW bague verte patte droite »  est revenu au même nid chaque année entre 1995 et 2007. Il est mort en Juin 2007 après avoir été trouvé épuisé au bord de la Loire. Sa mort a semblé due à la vieillesse car aucune autre cause n’a été mise en évidence lors de son autopsie.      

 

Photo:  David Belletier

   Ce mâle adulte reproducteur a été capture et bagué en 2010 (bague verte gravée BA posée patte gauche). Son nid avait vu depuis de nombreuses années beaucoup de jeunes bagués prendre l’envol, partir en migration et revenir s’installer plus tard dans la région Centre pour se reproduire à leur tour. Les images du mâle non bagué en vol faites lors des précédentes séances de baguage des jeunes ne permettaient pas d’affirmer que c’était bien le même oiseau qui avait contribué à la bonne productivité de ce nid. Nous connaitrons désormais les « performances » de ce mâle.

Seule, l’identification des oiseaux grâce à leurs bagues a une valeur scientifique, du moins dans le cadre de l’étude menée en collaboration avec le C.R.B.P.O., ainsi que dans celles menées par des scientifiques européens spécialisés dans cette espèce.

 

  RETOUR           Vers fin saison 2011