Suite de l’histoire du mâle «  orange » au début de la saison 2012.

 

  Le 28 Février, j’ai reçu un mail de John Wright  juste rentré d’un voyage au Sénégal et en Gambie avec l’équipe de la Réserve de Rutland (située au centre de l’Angleterre). Lors du voyage, il avait photographié beaucoup d’oiseaux et autres animaux. John me disait qu’il avait également réussi à obtenir quelques clichées de notre mâle de la forêt d’Orléans, exactement au même endroit que l’an dernier, sur le fleuve Allahein, juste au sud de Kartong. Voir le blog de John : http://wrightswanderings.blogspot.com/ 

Merci, John, de m’offrir gentiment ces belles images, faites le 12 Février, du mâle français que nous espérons revoir très vite sur son site de reproduction.

 

 

 

 

 

 

 Egalement, voir le blog de Rutland : http://www.ospreys.org.uk/category/osprey-team-blog/

Tim Macrill, dans le journal de l’équipe écrit : Friday 3rd February

Our last morning in The Gambia and what a fantastic morning it turned out to be. As we arrived at Tanji beach, conditions were perfect for fishing Ospreys: virtually no wind, a little cloud and a falling tide. Over the course of the next two hours we saw at least four birds catch fish in front of us, just a few metres from the shore. One of them 3GM, was a bird we have now seen on numerous occasions over the past few weeks, but another adult German Osprey, 9JY, was a new one for the trip. She caught a fish and then perched in the same spot, just over the main road, that we had seen her on last year’s trip – proof, again, that the birds return to the same place every winter. After a brilliant couple of hours we had a walk around Tanji Bird Reserve where we added White-fronted Plover, Curlew and Dunlin to the trip list. Those three species meant that over the course of the 25 days we have spent in Gambia and Senegal we have seen 272 species. In addition we have identified fourteen colour-ringed Ospreys, including seven from Germany, five from Scotland and Rolf’s bird from France. Half of the colour-ringed birds were new ones that we hadn’t seen last year, not bad considering we returned to many of the places we visited last year.

Au cours de ce séjour de 25 jours en Gambie et Sénégal, 272 espèces d’oiseaux ont été observées.

De plus, 14 Balbuzards porteurs de bagues de couleur ont été identifiés, dont 7 bagués en  Allemagne, 5 en Ecosse et un en France. Ces chiffres sont intéressants car ils reflètent un peu la taille des populations des différents pays (Allemagne env 550 couples, Ecosse env 200 couples et  France continentale env 40 couples), ainsi que la pression de baguage coloré dans les différents pays cités.

Dernières nouvelles le 5 Mars. En ce début de saison, deux Balbuzards sont revenus sur leur nid traditionnel en forêt d’Orléans. Le mâle est arrivé le 28 Février et la femelle le 3 Mars. A lire sur le site de Francis Couton :   http://suivi-balbuzard-ravoir.francis-digiscopie.fr/ 

 

 

  

Après avoir été photographié le 12 février en Gambie près du fleuve Allahein (voir début de saison), le mâle bague orange   a été observé de retour sur son nid habituel le 12 Mars. La femelle avec laquelle il se reproduit depuis 9 ans l’y avait précédé. Bien qu’elle ait perdu au cours de la saison 2011 la bague  orange codée  5A qu’elle portait sur la patte droite (voir saison 2011), nous avons pu la reconnaître grâce à la lecture du nombre 30 figurant à la fin de celui inscrit sur la bague métallique officielle  « Ois.Muséum Paris BS 14030 », qu’elle porte sur la patte gauche. Rappelons que cette lecture partielle serait néanmoins insuffisante pour une validation scientifique de l’identité de l’oiseau, pour laquelle  tous les chiffres ainsi que l’adresse doivent être lus, ce qui est quasiment impossible sur un individu sauvage vivant et en bonne santé…

Comme l’année précédente, ce couple n’a produit qu’un seul jeune à l’envol en 2012. Les raisons pour lesquelles ce vieux couple très performant auparavant a vu sa productivité baisser ces deux dernières années resteront indéterminées (conditions météo mauvaises en 2012, accumulation interne de produits contaminants, autres causes...).

 

 

Le couple en Juillet avec un seul jeune, couché au fond du nid.

 

Le mâle codé apporte une belle Brème, sous le regard de la femelle couchée

 

 

  La saison de reproduction des Balbuzards en 2012 ne s’est pas démarquée de celles des années précédentes. En forêt domaniale d’Orléans et ses environs, il n’a notamment pas été noté d’évolution dans le nombre d’oiseaux reproducteurs. Quelques nouveaux individus ont souvent fait intrusion sur des nids occupés et quelques jeunes couples ont semblé se ‘’préparer pour l’avenir’’ en occupant plus ou moins longtemps des nids abandonnés par d’autres, mais sans s’y reproduire.

Le bilan de cette saison 2012 est décrit plus précisément ci-après dans un rapport destiné aux administrateurs et acteurs du Plan national d’action en faveur du Balbuzard.

 

Introduction

L’année 2012 clôt le deuxième Plan National d’Action de Restauration du Balbuzard pêcheur en France. Grâce au travail et à l’investissement de tous les acteurs de ce plan, dont des bénévoles passionnés, l’atteinte d’une population de 30 à 50 couples en métropole 27 ans après la première reproduction officiellement connue est encourageant. Ce résultat paraît néanmoins insuffisant pour un objectif qui devrait être d’atteindre une population saine de plusieurs centaines de couples, afin de la porter au niveau de celle d’autres espèces de rapaces migrateurs vivant en France en milieu forestier… Il paraît donc souhaitable que le plan de restauration national soit reconduit un certain temps pour atteindre cet objectif…

La météo

Les conditions météorologiques du printemps et de l’été en 2012 ont paru très défavorables pour la faune en général. Pour le Balbuzard, de fortes pluies sont intervenues lors de  la période la plus sensible des reproductions, ce qui a probablement entrainé la réduction de plusieurs nichées...

 

Bref aperçu sur le nombre de nids et ébauches connus, suivis par département.

Loiret : Forêt d’Orléans et ses environs : 27 nids suivis dont 19 nids productifs.  (G. Perrodin et R. Wahl)

Loir-et-Cher : Chambord : 6 nids dont 4 productifs.  (C. Gambier)

                      Sologne Ouest : 2 nids productifs. (A. Perthuis)

                      Sologne Est : 3 nids et ébauches dont 1 nid productif. (A. Callet et P. Roger)

Cher : 1 nid productif. (A. Callet et P. Roger)

Indre- et- Loire : 2 nids, aucun productif en 2012. (J-M Feuillet, S. Larzillière, J. Présent, A. Bazin)

Yonne : 1 nid productif.  (F. Bouzendorf)

Nièvre : 1 nid productif. (SOBA Nature)

Maine-et-Loire : 2 nids productifs. (LPO- Pays de la Loire) 

Moselle : 1 nid productif. (M. Hirtz)

Essonne : 1 nid non productif. (C.G. 91) 

 

Ce bilan est établi à partir des informations recueillies durant la saison de reproduction 2012 en France continentale. Il ne prétend pas être complet et des lacunes dans les informations collectées peuvent exister.

Le terme « nid productif » s’applique à un nid occupé par deux oiseaux, avec ponte et couvaison observée pendant au moins une semaine, quel que soit le résultat par la suite.

Un nid « non productif » est un nid observé, occupé ou non par un, deux, voire trois oiseaux, et sur lequel aucune couvaison n’a été observée.

Une « ébauche » de nid peut être petite ou grande. C’est quelquefois un nid dit « de frustration » qui est construit par l’un ou les deux oiseaux d’un couple ayant échoué dans sa  reproduction sur un nid habituel. Il est souvent situé à moins d’un Km de ce dernier. L’ébauche peut aussi être construite par un ou deux oiseaux dans l’intention de former un couple. Dans ce cas, le couple se concrétise souvent l’année suivante et l’ébauche est à nouveau rechargée.

« Echec » dans la reproduction : nous considérons qu'un échec est effectif soit après l’interruption de la couvaison pendant plus d’un jour, soit après l'interruption du nourrissage des poussins pendant un à deux jours, soit après la constatation de la mort des jeunes à un stade précoce ou plus avancé. Bien souvent, la cause n'en est pas déterminée.

Ces considérations sont basées sur vingt saisons de suivi, notamment en forêt d’Orléans, ainsi que sur la lecture de publications diverses consacrées à cette espèce.

 

La dynamique spatiale.

A partir du nid originel, dit « Ravoir 1 », en forêt Domaniale d’Orléans, Loiret, nous verrons que la distribution des nids s’étend dans le même temps principalement vers l’Ouest-Sud-ouest et vers le Sud-est, selon un axe formé par le fleuve Loire et ses affluents. Les nids situés dans les départements les plus extrêmes, le Maine et Loire à l’Ouest et la Nièvre au Sud-est ont eu des jeunes à l’envol en 2012 pour la première fois. La distance entre ces deux extrêmes, en ligne droite, doit être aux alentours de 270 Km. Les nouvelles reproductions répertoriées en 2012 dans les départements susmentionnés interviennent au bout de 27 années si l’on considère que la première reproduction réussie, officiellement connue et suivie, est celle qui s’est déroulée à l’étang de Ravoir lors de l’été 1985. A titre indicatif, un simple calcul à partir de ces données (270 Km : 27 années) montre que le Balbuzard a gagné environ 10 Km/ an de terrain. Ceci peut se comparer avec l’Ecosse, où Roy Dennis avait constaté que le Balbuzard avait récupéré environ 4,5 Km/ an (de terrain perdu) dans sa distribution, mais après environ quarante ans de suivi.  Voir carte  avec nombre minimal de reproducteurs par département, soit 30 couples en 2012.

 

 

 

Le suivi en forêt Domaniale d’Orléans et ses environs.

 

27 nids, y compris des ébauches de nids, ont été suivis sur environ 25000 hectares en forêt Domaniale. Trois nids, situés en domaines privés en périphérie de la forêt, ont également été suivis avec l’accord des propriétaires. Les observations ont été effectuées à des distances tolérées par les oiseaux. Principalement trois, occasionnellement quatre personnes, se sont partagées des zones suivies. Les objectifs en sont la collecte de données relatives aux phénologies diverses pour chaque couple (dates d’arrivées, formation ou reformation de couples, identification des oiseaux par lecture de bagues, périodes d’accouplements, périodes de ponte, périodes des éclosions, périodes des envols des juvéniles, périodes approximatives de prise d’autonomie par ces derniers et, finalement, dispersion des familles).

Les tournées des sites de reproduction ont débuté dès mi-février afin d’enregistrer d’éventuelles arrivées très précoces. Un premier Balbuzard a été observé arrivé à son nid habituel le 28 février en 2012. Ont suivi dix individus dans la première décade de mars, dix- sept individus dans la seconde décade, sept individus dans la troisième décade, puis, entre le 31/03 et le 4/04, trois individus.

Les reproductions ont généralement commencé dès le retour des deux partenaires. Le décalage entre les arrivées des partenaires de certains couples peut être de l’ordre de quinze jours à trois semaines, pour d’autres de quelques jours. Très rarement, deux partenaires anciens ont été observés arrivés le même jour. Ceci entraine des reproductions étalées sur environ un mois.

Après l’émancipation et l’éloignement de leur (s) jeune (s), certains oiseaux ont continué à fréquenter le secteur de leur nid alors que d’autres ont semblé s’en éloigner plus ou moins rapidement et longuement, réapparaissant parfois par intermittence, notamment pour le défendre ou l’occuper à cause de la présence de congénères étrangers venus le visiter.

C’est ainsi que quelques oiseaux, reproducteurs habituels ou nouveaux individus, ont pu être observés près de certains nids jusque vers la fin août.

Comme chaque année, le mâle du nid ‘’Ravoir 1’’ (8Z) a été observé encore présent  tardivement près de son nid, le 28 septembre (sa partenaire (02)  jusqu’au 13 septembre).

 

 

 

Baguage des jeunes Balbuzards..

 

Les opérations de baguage des jeunes Balbuzards sont effectuées lorsque les jeunes atteignent un âge compris entre six et sept semaines. Ces opérations se déroulent pendant un mois en fonction de l’estimation de la taille des poussins effectuée  par observations à distance complétant celles des pontes et des éclosions (tous premiers nourrissages). Le baguage des Balbuzards en France continentale a pour principal objectif  de mesurer la croissance et la distribution de l’espèce sur le long terme. Un programme scientifique intitulé « la Dynamique de la population »,  agréé par le Centre de Recherches par Baguage des Populations d’Oiseaux, est en cours depuis 1995. Les Balbuzards sont munis sur une patte d’une bague métallique portant l’adresse du Centre de baguage suivie d’un numéro d’immatriculation. Sur l’autre patte, une bague colorée avec un code alphanumérique est posée. Cette dernière permet d’identifier l’oiseau à l’aide d’une longue-vue sans le capturer.

Ainsi, chaque année beaucoup de Balbuzards sont identifiés, ce qui apporte de nombreux éléments alimentant les études en cours. Les informations concernant les oiseaux identifiés sont communiquées d’abord aux Centres de baguage, ensuite aux personnes ayant effectué la lecture d’une bague, que ce soit en France ou à l’étranger.

En 2012, 44 jeunes Balbuzards ont été bagués dans 22 nids. La mortalité a été de deux jeunes avant l’envol par manque de nourrissage et d’un accidenté quelque temps après son envol. Un adulte reproducteur a été  également accidenté et noyé en pisciculture.

 

 Le nid (au centre) sur un arbre sec et dangereux

Après vérification que l'arbre était encore suffisamment bien ancré au sol, Charles décida de monter pour aller chercher les deux poussin'

Ce poussin, plus costaud et plus développé que l'autre a été mieux nourri  que son frère. Il est plus difficile pour le mâle de pêcher en période défavorable (été pluvieux), ce qui a souvent un impact sur la survie des jeunes.

Ces deux jeunes ont pris leur envol une semaine après avoir été bagués. Ils sont ensuite restés dépendants de leurs parents pendant environ 4 semaines avant de prendre leur autonomie.

 

 

Identifications de Balbuzards adultes reproducteurs et non reproducteurs en région Centre, et de balbuzards en migration

 

Entre le 12 Janvier et le 19 Novembre 2012, pas moins de 60 Balbuzards ont été identifiés correctement.

Nous avons choisi d’afficher quelques détails de ces oiseaux identifiés le plus souvent à l’aide de photos permettant de lire les bagues codées. Un grand Merci à tous ceux qui ont bien voulu fournir ces données. Voir les noms dans la légende sous le tableau.

 

 

Tab 2

Identifications par: G.P.= Gilles Perrodin, R.W.= Rolf Wahl, G.H = Ginou Houziaux, P.R. = Pierre Roger, A.C. = Alain Callet, P.B. = Patrice Bordeaux, JMF = Jean- Michel Feuillet, S.L. = Sylvain Larzillière, N.I. = Nidal Issa, A.P. = Alain Perthuis, S.M. = Sébastien Merle, Dan Dupuy = Daniel Dupuy, PIC = Pascal et Isabelle Chanabat, Pat Der = Patrick Derrien, Jul. Prés = Julien Présent, Pasc. Giosa = Pascal Giosa, Sayago = Jose Manuel Sayago, G.R. = Garry Ridsdale, J.W. = John Wright, P.L. = Paul Lesclaux, S.D. = Stéphanie Darblatte, O.S. = Olivier Simon, J.M. & J.MA= Joao Morgado & Joao Martins

 Centres de baguage: FRP= CRBPO France, DHE= Hiddensee, Allemagne, Esp= Côto Donana, Espagne

 

 

Nous n’exposons ici que quelques photos parmi celles fournies pour identification des balbuzards grâce à leurs bagues.

 

 

Le mâle, portant une bague blanche codée V8, apporte ici un poisson de taille moyenne pour la femelle et ses poussins.

 

 

 

Les poussins sont ici assez grands et le mâle part aussitôt après avoir livré le poisson.

 

 

Parmi les identifications faites cette saison des oiseaux porteurs de bagues, celle de ce mâle équipé d'une bague blanche gravée très grossièrement en noir d'un code V8 constitua longtemps une énigme. Ce n'est que le 1er juillet que Garry Ridsdale a réussi à photographier correctement sa bague officielle métallique fournie par le Centre de Baguage.

 

 

Voici la femelle C9, exposée aux vents, surveillant ses jeunes dans le nid.

 

 

Des combats, parfois assez virulents, près des nids sont observés fréquemment. Ici, la femelle baguée 7$, patte gauche, repousse et empêche une autre femelle d'atterrir sur son nid. 7$ a accompli sa huitième reproduction sur ce nid naturel en 2012.

 

"Fous-moi le camp ou tu vas gouter à mes griffes ! "

 

 

François Bouzendorf bague des jeunes dans l'Yonne

Mesure de l'aile

Mesure du bec

Sa femme Emeline pose délicatement un jeune  pour être bagué

 

 

Bague orange, code 7- €  

 

 

Au départ de l'équipe de baguage, les parents reviennent aussitôt, pour surveiller les jeunes couchés dans le nid

 

Fin de la saison 2012

 

  RETOUR         Vers saison 2011