Suite de l’histoire du mâle «  orange » (à fin de saison 2011).

 

Après s’être à nouveau reproduit en Forêt Domaniale d’Orléans entre Mars et fin Juillet 2011, le mâle marqué d’une bague orange portant le symbole gravé en noir est, comme c’était prévisible, retourné vers son présumé site d’hivernage sur le fleuve Allahein, en Gambie près de la frontière du Sénégal.

Le 13 Décembre,  j’ai reçu un mail de Roy Dennis me disant :

« La réalisatrice que j’avais précédemment accompagnée au Sénégal et en Gambie est retournée en vacances là-bas. Lors de ce séjour, elle a effectué une excursion en bateau sur le fleuve Allahein, accompagnée par son ami Tom. Ce dernier a alors photographié un Balbuzard portant une bague orange. Lorsque j’ai agrandi les images sur mon PC, j’ai pu voir que cette bague portait le symbole « mâle » gravé en noir, ce qui correspond me semble-t-il à l’un des oiseaux bagués par toi. C’est apparemment le même qui avait été vu par Tim l’hiver dernier, également en Gambie. »

Après cette correspondance, j’ai écrit à Lucy Smith pour obtenir plus d’informations et lui demander si je pouvais utiliser sur mon site web les images prises par son ami Tom, ce qu’elle a accepté.

Elle m’a informé que l’observation avait été faite le 4 Décembre dans la matinée, près de l’embouchure du fleuve. L’oiseau était posé sur un arbre mort enlisé dans une partie boueuse du fleuve et a décollé peu après (images ci-dessous faites par Tom et transmises par Lucy Smith).

 

 

 

 

 

 

 Cette observation est évidemment très intéressante car, après celle déjà effectuée en Gambie en janvier 2011, elle accentue l’hypothèse que ce pays et cette zone en particulier font partie des quartiers habituels d’hivernage de l’oiseau…

Un grand Merci à Lucy, Tom et Roy pour nous avoir apporté ce témoignage !

Lors de l’automne de cette saison 2011 de suivi et d’identification des Balbuzards, très peu d’informations nous ont été communiquées sur les mouvements et la migration des oiseaux en France continentale. La dernière photographie d’un individu apparemment en pérégrination hors région centre date du 18 avril 2011. Elle montre un balbuzard évoluant dans les Yvelines, sur la commune des Bréviaires, à l’étang de Pourras. C’est Benoît Froelich qui nous a envoyé ce cliché montrant l’oiseau porteur de la bague orange codée « U2 ».

Ce Balbuzard a été bagué poussin en Juin 2009 en Forêt d’Orléans et a donc fait sa première apparition connue dans les Yvelines en 2011.

 

 

 

 

 En période de reproduction, 52 Balbuzards ont été identifiés correctement par leur bague colorée dans les départements suivants : Loiret, Loir et Cher, Cher, Indre et Loire, Yonne, Yvelines et Moselle. C’est grâce à la participation ou aux informations communiquées par les personnes citées ci-après que ces identifications ont été effectuées, parfois au prix d’un investissement long et astreignant. Qu’elles en soient toutes remerciées :

Gilles Perrodin, Ginou Houziau et Nathalie Hautreux, Garry Ridsdale, Dominique Crickboom, Sylvain Larzillière, Alain Callet, Pierre Roger, Julien Daubignard, Jean Marc Lustrat, Michel Daudet, François Bouzendorf, Christian Gambier, Elise Bottereaux, Laurent Charbonnier, Michel Hirtz, Benoît Froelich et Sébastien Verneau.

En 2011, plusieurs balbuzards précédemment reproducteurs ne sont pas revenus à leur nid au moment de la migration prénuptiale et ont été remplacés par de nouveaux individus. D’autres oiseaux subadultes, vraisemblablement non reproducteurs, ont également été identifiés lors de leur (s) intrusion(s) vers des nids occupés. La plupart des individus ont pu être photographiés pour confirmer leur identité par lecture de leur bague colorée. Comme chaque année, toutes ces identifications serviront à « l’Etude de la Dynamique de la Population » en France continentale, en cours depuis 1995. Elles nous permettent en plus de recueillir d’autres données utiles et exploitables dans le cadre de la conservation de l’espèce (fidélité aux sites et aux partenaires, longévité probable, etc.) et de répondre également aux questions émanant fréquemment du grand public.

Nous avons sélectionné quelques photos d’oiseaux parmi ceux qui ont été le plus difficilement identifiables, parfois après plusieurs semaines d’investissement et en respectant leur sensibilité.

 

 

 

 

 

 

Femelle ayant perdu sa bague orange codée 3K en 1997-1998  mais qui porte toujours sa bague métallique ‘’Muséum Paris BS 14095’’, exceptionnellement lisible sur cette photo. L’oiseau  fut également photographié et identifié en 2008 dans les mêmes conditions par Robert Thain.

 

 

 

 Le même vieux couple de balbuzards qui occupait ce nid depuis une dizaine d’années n’est pas revenu en 2011. Il a été remplacé par un nouveau couple de jeunes oiseaux bagués. Un investissement en temps d’observations très important (quatre mois) a finalement abouti à leur identification. Afin de ne pas les perturber, les observations se faisaient à grande distance. Le comportement du couple fut étudié afin de déterminer les horaires préférentiels d’apport de poissons et la localisation des perchoirs habituels derrière le nid. Ce n’est  que le 10 Août, juste avant la dissolution de la famille et alors qu’elle était de plus en plus souvent absente du nid, qu’un affût temporaire a été rapidement installé. Il a permis d’y attendre le retour des oiseaux, dans le but d’essayer de photographier le mâle, pour lequel les tentatives d’identification avaient jusqu’alors échoué.         Après une heure et demie d’attente, les deux juvéniles sont brusquement arrivés sur le nid, suivis du mâle apportant un poisson. La proie fut très rapidement déposée dans l’aire et l’un des jeunes s’en est emparé pour aller la consommer dans un arbre proche. Le mâle n’est resté que quelques secondes sur le nid et c’est au décollage qu’il a pu être photographié deux fois, ce qui a permis d’identifier le code « M 9 » gravé sur la bague orange (voir photos suivantes).

 

 

 

 

 

 

D’autres Balbuzards identifiés par leurs bagues photographiées...

 

Mâle, bague orange « 86 ».

 

Femelle, bague orange « C 9 ».

 

 

Femelle, orange « 9 A », perchée, mâle orange « 21 », envolé.

 

 

Ici, la femelle d’origine allemande, bague  noire, « 3LM ».

 

 

Un mâle avec une bague partiellement cassée.

 

 

Il arrive hélas que quelques bagues en PVC se détériorent au bout de plusieurs années. Le mâle, orange « H4 » est ici équipé d’une bague d’identification partiellement cassée après cinq ans de port.

 

 

Ces informations mettent fin au chapitre du ‘’baguage et suivi’’ consacré à la saison 2011. Nous espérons maintenant avoir rapidement d’autres nouvelles des balbuzards pour l’année 2012…

 

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